Les Limites – Maître T.

Les Limites – Maître T.

Les limites…un élément essentiel dans le monde du BDSM, ainsi que dans l’élaboration d’un contrat…pourtant, de nombreuses nuances existent, et il y a autant de façon de les considérer que de pratiquants…en ce qui me concerne, il y a trois niveaux de limites, qui doivent nécessairement être abordées différemment.

Au premier stade, nous trouvons “les limites de l’envie”…celles-ci représentent des difficultés souvent mineures, et sont le plus souvent traduites par “je n’en ai pas envie, tout simplement”. Ces limites-ci sont souvent induites par une peur relative, ou une question d’éducation, ou encore un mauvais souvenir…ces limites ne sont pas dangereuses, ne représentent que quelques “démons” à surmonter sans réelle prise de risque. Ces limites dépendent évidemment du niveau de pratique de la personne, de son expérience et de son passif! Ces limites-là sont typiquement éphémères, et sont les premières à disparaître. La confiance, l’abnégation, la découverte du plaisir cérébral, sinon physique de ces pratiques tendent à les faire céder naturellement, sans pression et avec amour. Par exemple du monde vanille : les vêtements trop osés, les mots crus, la sodomie, etc. Quelques exemples récurrents en D/S : la gifle, la bisexualité, l’Uro, etc.

Au second “niveau” se trouvent les limites physiques. Celles-ci dépendent bien entendu du niveau de pratique, mais aussi du corps de la personne. On pensera évidemment à la douleur, pour laquelle nous avons tous un “max agréable” et un “max infranchissable”. Au-delà de la douleur se situe également la limite d’endurance. Celle-ci n’étant pas toujours connue, elle nécessite d’être attentif à son propre corps. Interviennent aussi dans ce second niveau les limites corporelles (souplesse, capacité pulmonaire, capacités à supporter les frottements divers), bref partout où le corps arrive à son maximum. Je ferais un article plus tard sur le sub-space, mettons donc cela de côté pour le moment, même si c’est étroitement lié à la limite physique. Ces limites-ci évolueront naturellement, avec la pratique et l’entraînement. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu pour but de les repousser, puisque tout se fait de façon naturelle… Cependant, gardez à l’esprit que ces limites ne sont pas “franchissable”, quoiqu’il arrive simplement évolutif.

Le troisième niveau, et le plus important sont les limites cérébrales fixes. Qu’elle soit raisonnée ou non, documentées ou non, elles sont des Caps infranchissables. Les raisons sont parfois évidentes, d’autres fois non, mais elles ont toutes un point en commun : les enfreindre serait dangereux. Rappelons qu’en tant que Maître, mon premier devoir envers ma soumise est avant tout sa protection, comme je l’expliquais dans mon article sur les responsabilités. Dangereux, donc, de plusieurs façons. Tout d’abord, c’est une évidence, son intégrité physique : en effet, un dommage irréversible et non souhaité pourrait avoir de lourdes conséquences… La blessure n’est ni ne sera jamais souhaitable, quel que soit le niveau de marquage souhaité. Chacun son échelle, évidemment, pour l’une ce sera un bleu, pour l’autre un saignement, pour d’autres encore un os cassé, quoi qu’il en soit on touche ici a l’insupportable, quel que soit le prisme de la personne concernée. Ensuite, l’intégrité morale : pour certaine, ce pourrait être une marque visible, le port du collier en public ou autre ayant une incidence néfaste (voire dévastatrice) sur son entourage et sa vie sociale/professionnelle, pour d’autres ce serait d’avoir accepté une pratique qui la choque, au point de ne plus ni s’assumer, ni même se regarder dans une glace… L’un des rôles majeurs du dominant étant de faire grandir sa soumise et la faire s’épanouir, la faire se sentir “diminuée” face à elle-même à cause de cette soumission est aux antipodes du but recherché. Ici aussi, cela dépendra du prisme de chacun, de son passé, voir même de ses traumatismes personnels. Enfin, la mise en danger sanitaire, évidemment…que ce soit au travers d’une pratique pouvant mettre sa vie en danger, ou d’un risque de maladie, ou de handicap, dans tous les cas la question ne se pose pas, tenter de repousser ces limites la démontré d’une irresponsabilité qui est sans conteste une clause de rupture de contrat, et qui ne souffre aucune “seconde chance”.

En conclusion, les limites sont fondamentales dans une relation D/S. Les respecter est le propre d’un dominant, puisque c’est l’une de ses obligations morales.

Please follow and like us:

2 COMMENTAIRES

comments user
maitrehv

Un texte pleinement adapté à la meilleure reation D/S

    comments user
    Maitre T

    Nous vous remercions pour vos encouragements 🙂

Laisser un commentaire