L’Humiliation – Maître T.

L’Humiliation – Maître T.

Un autre sujet, particulièrement sensible pour certains, l’humiliation. Le mot est très galvaudé, a une connotation souvent particulièrement péjorative, alors que non seulement il n’en est rien, mais la pratique elle-même est très souvent appréciée, même au sein des couples vanille!

L’Humiliation…elle aussi dépend du prisme de chacun. Du niveau de pratique, d’expérience, du passif, des traumas, des névroses, du milieux social, des goûts et des couleurs de chacuns! En bref, il est difficile de placer un niveau de base! Pourquoi certaines pratiques sont-elles ressenties comme humiliantes? Le sont-elles en réalité? Pourquoi, finalement sont-elles appréciées ? Apportent-elles quelque-chose?

Je vais tenter une liste, non exhaustive bien sûr, des pratiques BDSM dans lesquelles l’humiliation joue un rôle clé, et je sais par avance que même les lecteurs vanille se retrouveront probablement dans certaines pratiques. Notez que, même si ce n’est parfois pas le cas lors de la première approche, toutes ces pratiques sont particulièrement plaisantes. En effet, de l’humiliation naît très souvent une forme d’excitation, qu’elle soit au premier ou au second plan!

Les mots crus…ils sont un peu le nerf de la guerre de l’humiliation verbale… pute, chienne, salope, et j’en passe sont des petits surnoms, affectueux, si j’ose dire. Les ordres également peuvent pleuvoir, lèche moi le cul comme la petite chienne que tu es, applique toi petite pute, et j’en passe. Les menaces et reprimandes, même si elles sont plus fréquentes dans le BDSM que dans le sexe vanille, peuvent être également “humiliante”, ferme ta gueule sinon, tu n’a pas honte de, et j’en passe… Bref, on en trouve pour tous les goûts ! Est-ce vraiment humiliant? En réalité, non, c’est une expression plus primaire du language, souvent plus instinctive pour certains, et généralement loin d’être déplaisante. Comme tout le reste, les mots crus doivent être bien dosés! Cela étant, pouvoir les dire, comme les recevoir, c’est être libre. Libre de ses mots, libre de ses instincts, mais aussi libre du jugement supposément péjoratif. Ils ne sont évidemment pas à prendre au pied de la lettre, mais sont pour nous l’expression du partage linguistique de nos instincts de domination et soumission.

La fessée. Elle est, parmi les châtiments corporels (j’en parlais déjà dans mon article sur le sadisme), l’une des plus humiliantes. En effet, les racines de notre enfance, tendre ou non, ou celles de notre littérature, ou encore de notre idée de l’éducation, nous rappellent ou nous évoquent ces moments, pas nécessairement douloureux, mais ou nous étions impuissants, subissant purement et simplement le bon vouloir de notre “persécuteur”… Ici aussi, plusieurs niveaux, il y a une marge entre la claque sur les fesses pendant la levrette et la fessée de punition par dessus le genou. Toujours est il qu’elle peut être vécue comme humiliante, parfois même plus que douloureuse. Pourtant, elle fait partie intégrante te la philosophie BDSM…accepter la punition, s’en remettre à son ou sa partenaire, à son jugement et à son éducation. En cela, elle est rarement vécue comme une épreuve, mais comme une continuité. Et dans la mesure où la personne soumise l’est par choix et volonté, elle sera vécue comme un acte cérébralement cohérent avec son rôle, lequel je le rappelle est censé lui procurer du plaisir.

Les positions d’attente ou d’exposition. Elles sont parfois ressenties comme humiliantes, voire élaborées justement pour cela. Le but est clairement l’impudeur, l’offrande au regard de son maître. L’Humiliation est recherchée, justement dans le but d’être relativisée puis effacée, remplacée par l’abnégation, le plaisir de satisfaire un caprice, une envie ou simplement le regard de son maître. Oui, certaines positions peuvent être particulièrement humiliantes, plus encore si elles sont imposée dans certains cadres étudiés pour. C’est leur objectif, dans un premier temps. La soumise se sent exposée, parfois objetisée ou animalisée, mais contrainte, donc soumise, à la volonté de son maître. C’est une fin en soi, un plaisir cérébral, celui de s’offrir et d’abandonner sa volonté pour se sentir dirigée, en appartenance. Jusqu’à ce que, souvent très rapidement, toute humiliation disparaisse, et soit uniquement remplacée par la fierté de l’obéissance et de plaire a son maître.

Le face-sitting. Il n’est pas à proprement parler une position, du moins pas une que prend la personne soumise. Pourtant, j’en fais un chapitre à part entière, parcequ’elle a pour moi un aspect bien particulier…la position en elle même, être allongée et bloquée entre les fesses de son maître ne laisse qu’une liberté : obéir. Lécher l’anus d’un homme est en soi déjà souvent encore vécu comme humiliant, pour le côté psychologiquement sale et avilissant de la pratique (qui, bien évidemment, ne se pratique pas en étant sale!). Enfin, parce que cette pratique permet d’exercer une contrainte respiratoire bien réelle, laquelle représente un transfert de pouvoir particulièrement intense (à pratiquer avec précaution et maîtrise évidemment, la sécurité avant tout). Cette pratique, que j’affectionne particulièrement, est donc humiliante dans l’idée, et à plus d’un titre. Pourtant, mis a part la première fois pour certaines, je n’ai jamais rencontré de soumise qui n’en ai ressenti réellement de l’humiliation. La contrainte, l’application, le plaisir de son maître, le pouvoir qu’elle remet entre ses mains, l’abandon du contrôle, tout cela prend le pas sur l’humiliation très rapidement, et pour le plaisir des deux partenaires!

La sodomie… ou de façon plus globale, l’AnalPlay! Inutile de s’étendre, d’autant qu’elle est entrée dans les mœurs depuis bien longtemps. Pour autant, ce côté “transgressif” et “non reproductif” rends la pénétration parfois plus humiliante, avant tout parce qu’elle est, du moins au début, alors que douleur et inconfort sont encore présents, une pénétration uniquement concentrée sur le plaisir du dominant. Cela ne dure pas, et nombreuses sont les soumises qui atteignent aussi bien, parfois même mieux, l’orgasme par la sodomie. Toute idée humiliante à être sodomisée disparaît donc très rapidement, pour celles et ceux qui auraient pu le ressentir.

Les transferts de fluides. Se faire cracher dessus est évidemment humiliant, puisque c’est considéré comme un signe d’irrespect dans notre société. Cependant…au même titre que le sperme, que la salive lors d’un baiser, du mélange de transpiration lors de chevauchées éprouvantes, et j’en passe, il s’agit là d’un transfert de fluide anodin… Seule la forme, elle, rends a créer cette humiliation propre a la relation M/s.

La faciale, par sa nature de servir de réceptacle “hors copulation”. Le fait, parfois, de lécher du sperme par terre, ou de nettoyer un outil enduit de sperme ou de mouille, peut être vécu comme humiliant. C’est du moins souvent le cas suite à de mauvaises expériences. Pourtant, il s’agit de transferts de fluides, et si parfois le goût, ou même l’intention, sont de faire ressentir une quelconque humiliation “mise en scène”, ils sont naturels, et généralement partagés par nombre de couples, dans la plus grande normalité et avec le plus grand plaisir, au même titre qu’une fellation, un cuni ou même un baiser! Laisser entrer une part de l’autre en soi, ou sur soi, n’est jamais qu’un geste d’amour, que sa forme soit mise en scène ou non!

L’exhibition forcée. Un sujet particulier, qui ne peut et ne doit être pratiqué que dans un lieu safe, ou en présence de gens consentants, puisqu’elle est, hors de ce contexte, punie par la loi. Cela peut faire naître une humiliation très particulière de se retrouver exposée, plus encore à la vue d’inconnus. Qu’il s’agisse de topless, de nu sous les vêtements, de promenade en laisse, de Nyotaimori ou de n’importe quelle autre forme, le but premier est souvent, outre l’excitation, la mise a l’épreuve de l’abnégation de la soumise. Contrainte à s’exposer, a se dénuder, a s’offrir au regard, ou simplement à cette potentialité, est particulièrement difficile, et évidemment contre-nature, puisque non admis par la société. Pourtant, peu se sentent rabaissées par cette pratique, et souvent au contraire renforcées, dans l’acceptation de leur corps, dans la fierté ou l’admiration lue (normalement!) dans le regard de leur maître, ou par l’excitation de la nudité inappropriée et transgressive. Une épreuve importante, qui devient avec le temps de plus en plus facile.

Le PetPlay est une pratique très vaste, consistant a animaliser son ou sa partenaire. Être traité (e) comme un animal est évidemment humiliant, mais procure aussi des sensations très particulières, a commencer par l’abandon de soi, de ses réserves, de son humanité, pour l’autre, sur son ordre. Les goûts et les couleurs ne se discutant pas, c’est une pratique qui est déjà moins répandue, qui n’est pas appréciée par tous, mais qui, chez les adeptes les plus investis, peut prendre de nombreuses formes, parfois très élaborées, comme l’exposition canine en dogplay, le saut d’obstacle en pony-play etc…

L’uro…un chapitre sur lequel je ne m’étendrai pas ici car vous trouverez toutes les infos dans l’article “to piss or not to piss” de ma merveilleuse soumise en cliquant ici!

Les modifications corporelles et/ou physiques. Nous touchons ici a un point qui n’est généralement abordé que dans des relations exclusivement D/S dans leur forme la plus extrême, pourtant il n’est pas rare qu’elles soient présentes dans tous les couples, même vanille. Les deux exemples les plus courants sont les tatouages et les piercings. Ce sont des modifications physiques définitives, mais exemptes d’humiliation, sauf dans certains cas de perçage public. Il existe pourtant certains cas extrêmes de modification corporelle, incluant une part d’humiliation (rasage de la tête, piercing nasal, tatouage particulièrement explicite, piercing ou écarteurs à outrance). Le but de ces modifications physiques n’est pas nécessairement l’humiliation mais le signe d’appartenance “high level”, vécu par certain(e)s comme une forme d’exhibition publique forcée, fût-elle chaste! D’autres, encore, sont temporaires… Je pense notamment aux résultats obtenus par des pompes sous vide…en ce qui nous concerne, l’un comme l’autre apprécions beaucoup les effets que provoque les lèvres gonflées et déformées par la pompe…outre le plaisir des muqueuses ultrasensible, l’effet produit est de toute beauté, et l’inconfort qui suit n’est pas sans rappeler certaines marques le lendemain matin! A user et abuser avant une soirée entre amis..!

Toujours est-il que l’humiliation, aussi étonnant que cela puisse paraître, est source de plaisir, sexuel parfois, cérébral le plus souvent! Et ce plaisir cérébral, omniprésent dans nos relations D/S, est source de plaisir, de joie et de jouissance, pour qui l’accepte, l’adopte et le fait sien.

Pour l’anecdote, le mot humiliation fut l’un des premiers mots “compliqué” à envisager pour ma précieuse Ayamé lors de notre rencontre… L’idée était effrayante, évidemment ! Une bonne dose de dialogue, quelques parts de recherches, saupoudrés généreusement d’une bonne dose de confiance plus tard, et elle est devenue accro!

Il existe bien d’autres formes d’humiliation, bien entendu. Libre à vous de les évoquer en commentaire, et/ou de nous raconter votre propre expérience de l’humiliation dans l’as relations de Domination / soumission 😈

À vos claviers !

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2 COMMENTAIRES

comments user
Lui

Bonjour. Merci pour vos éclaircissements qui illuminent ma vision de Dominant débutant et celle de ma soumise. Juste … Le lien vers To piss or not to piss » ne fonctionne pas.

    comments user
    luxbdsm.com

    Bonjour!
    Merci pour votre retour, c’est toujours un plaisir de constater que nos modestes articles peuvent aider la communauté 🙏
    Et merci pour le lien, je vais aller réviser ça de suite!!!

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